la fin de l'allaitement ou comment son enfant devient grand (et méchant)

Publié le par lesfelinettes

Cher lecteur,

 

 

 

château

 Il était une fois dans un beau château une reine qui donna naissance à une princesse. Le roi et la reine étaient heureux. Le roi trouvait sa fille formidable et dormait bien. La reine trouvait sa fille formidable et dormait moins. Forcément, parce que les reines, elles ne donnent pas seulement naissance à leurs princesses, elles leur donnent à manger. Avec leurs seins, ceux-là même qui avaient fait craquer Michel à la boum de chez Justine, et David au lycée. Aujourd'hui, ils ont craqué tous seuls, laissant d'innombrables petites rides toutes mimis, traces du temps et de "tu l'as voulu cette grossesse, ben tu l'as eu".

 

 

La reine, avant l'arrivée de la princesse, s'était dit "moi ? L'allaitement ? Très peu pour moi ! Chacun fait ce qu'il veut, mais je laisse ça aux bouzeux. Je demanderai à une nounou".

 

Puis "allez, juste le colostrum, pour voir".

 

Et puis... le roi ne se lève pas, ce qui le rend content. La reine se lève, ce qui la rend contente, mais fatiguée. Mais contente. Elle a sa petite princesse rien que pour elle, et puis, de voir la petite princesse repue, endormie, sereine, repliée dans le creux de son bras, totalement assommée par ce moment de pur bonheur -le remplissage de l'estomac par le bon lait de maman-, ça vaut bien de se lever la nuit, et d'être fatiguée. 

 

Mais reine est un métier. Et il faut que la reine reprenne le travail de reine, sinon, que va devenir le royaume sans elle ? Alors il faut arrêter d'allaiter la petite princesse.

 

La reine est tracassée : comment faire ? Quel lait choisir ? Mais sont-ils vraiment aussi bons que le sien ? Ne va-t-elle pas empoisonner la petite princesse ? Ne faudrait-il pas mieux qu'elle tire 200L de lait, qu'elle congèle le tout pour toute la vie entière de princesse ? A la main, un peu tous les soirs ou avec une machine ? Vache à lait ou dignité mais mal aux mains ?

 

La larme à l'oeil, la reine va acheter le premier pot de lait. Dans le rayon, seule, la reine pleure. "Mon bébéééé ma princesse que vais-je faire ? Pourquoi faut-il que ça s'arrête ? Je suis pas prêêête..."

La reine revient avec un pot de lait, bio parce que c'est mieux et le plus cher parce que faut que ce soit le meilleur. 

bib princesse

Quand elle se sent prête, la reine propose un biberon à la princesse, qui d'un air méfiant se rapproche de la tétine, la met dans sa bouche, la recrache.

Ouf. La reine est soulagée. "Ah ah ah ! je le savais bien qu'elle ne voudrait JAMAIS du biberon ! Ah ah ah ! " La reine a envie de danser le chachacha, de courrir embrasser le roi qui lui s'en fout. Elle embrasse partout sa petite princesse en la remerciant. 

 

Deuxième essai : la reine est un peu plus d'aplomb, le travail, c'est dans 15 jours... Vite vite ! Biberon, lumière tamisée, c'est le soir. Et la petite princesse sent la fourberie, elle se met à hurler... La reine jubile. "Ah ah ah ! je le savais bien qu'elle ne voudrait JAMAIS du biberon !"

 

Troisième essai : la reine, sûre que la petite princesse ne voudra pas du biberon, prévient le roi : "si ça marche pas, c'est toi qui t'y colle". La petite princesse se contorsionne, pleure, crie à l'aide. Papa Roi arrive, et la petite princesse boit le biberon d'une traite. La reine ravale son désespoir.

 

Quatrième essai : la reine, moins certaine de l'amour inconditionnel de la petite princesse, tend d'une main tremblante un biberon, que la princesse attrape d'une bouche experte et gloups gloups tout est bu. La reine, maligne, n'a fait qu'un tout petit biberon pour redonner de son bon lait naturel à la petite princesse. C'est là que tout bascule. La petite princesse regarde le sein, et devient rouge écarlate, se tortille, et un son aigu, désagréable sort de sa magnifique petite bouche. La reine n'en revient pas : princesse préfère le biberon ! Mais la reine est coriace, et ce n'est pas des pleurs de bébé qui vont la faire changer d'avis ! La princesse hurle, devient carrément violette, ses bras tremblent de rage et son corps devient dur comme de la pierre. Sa tête se met à rouler, la petite princesse se met à hurler des insultes dans une langue qu'on dirait bien du latin, et son corps de bébé tout mignon lévite maintenant à un mètre du sol. Ses yeux sont noirs démons. La reine flippe. "Ok ok, je vais refaire un biberon". Le halo rouge qui passait sous la porte de la chambre s'éteind instantanément, le bébé retombe dans ses bras. Ses yeux sont bleus de bébé.

 

Voilà comment parfois un allaitement prend fin. La petite princesse, vorace, préfère le débit rapide du biberon. Ou que papa Roi puisse aussi lui donner à manger. On ne sait pas ce qu'il se passe dans leur tête, et je ne sais pas ce que vous en pensez, mais le coup du latin, elle aurait pu s'en abstenir, non ?

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Adele 24/01/2012 15:29

Meme quand c'est le roi et la reine, bah la princesse elle en veut pas du biberon ! Moi je le sais :) !! Bah oui ! pourquoi j'aurai pas un peu de place ici bordel de crotouille , nom d'une
crapouillou !) je t'aime !

lesfelinettes 26/01/2012 10:32



Voui moi aussi !



Le glaunec (brrr) 24/01/2012 15:27

Ma soeur , c'est très joliment dit tout ça ! Et te retrouve très bien . Quoi que reine est un peu prétentieux non ? Et comment on appelle la soeur de la reine, qui sait presque aussi bien s'occuper
de la princesse comme le fait la reine ( a quelques détails près bien sur ) ...

lesfelinettes 26/01/2012 10:32



on appelle pas la soeur de la Reine, elle existe pas ! C'est elle le bouzeux de l'histoire !