La danse du nouveau-né.

Publié le par les felinettes

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Quand vient enfin le premier cri, tout s'accélère.

Des premières fois pour soi, on en a plein, mais avec l'âge, il faut bien le dire, elles deviennent moins fréquentes. Des premières fois à deux aussi, au début on en a plein, et puis tout ce débordement d'émotion s'apaise.

Mais la première fois avec son enfant, ça dure un peu.

Le premier baiser, la première caresse.

Encore une fois dans notre vie, tout devient nouveau. Ce que l'on est, ce que l'on vit. Il y a ce mélange subtile d'amour, de joie et de terreur.

La première tétée, la première couche.

Quand son enfant naît, la première semaine est chargée d'une couleur particulière. Chaque geste reste gravé, tout a une saveur forte, quelque fois trop forte. Ca y est, notre bébé est là. Et tout ce long chemin du temps de la grossesse est balayé en un claquement de doigt, toute la douleur de l'accouchement semble une minute et notre bébé est là.

Le premier câlin, le premier regard.

On a eu beau en parler, anticiper, s'imaginer, angoisser, rien ne prépare à dire à son nouveau-né qui pleure « non non, ne t'inquiète pas, Maman est là ».

Le premier bain, le premier pyjama.

De nouveau, tout est à inventer. Parce que face à son enfant, on ne sait pas qui on est.

Le premier sourire, le premier pleur.

De nouveau, il faut prendre à bras le corps ses émotions immenses qui deviennent lourdes. Il faut supporter les voix trop fortes, les gestes trop doux, les fleurs trop rouges, le temps qui file et qui ne passe pas.

Le premier pipi sur la serviette, le premier chausson.

De nouveau, il y a cette envie que tout se fige pour rester là, à regarder ce nouveau-né. Il y a cette fragilité qu'on devinait mais qu'on se refusait, cette envie de douceur extrême, ce besoin de protection, de calme que personne n'offre ou presque.

Le premier trajet en voiture, la première fois à la maison.

Et la première fois qu'on se dit : « comment vais-je continuer à vivre de l'aimer autant ? »

Car alors, il y a ce pendant qui pointe le bout de son nez : « et si ça s'arrêtait ? »

Et si un malheur arrivait ?

D'un coup, ce qui semblait être « fonder une famille », « avoir un bébé », devient « à la vie à la mort ». Alors les couleurs n'existent plus, il ne reste que le contraste des choses. Tout devient mal ou bien, épuisant ou exaltant, souvent dans le même temps.

Et tout ce qui était une première fois devient une routine.

Les cris, les baisers, les caresses, les tétées, les couches, les câlins, les regards, les bains, les sourires...

Et on invente, chacun, sa danse du nouveau-né. Il pleure ? Je le pose sur mon ventre, face à moi. Il pleure ? Je le pose dans le coin de mon bras. Il pleure ? Je me promène dans la maison. Il pleure ? Je le mets sur le ventre. Il pleure ? Je l'enfouie dans mon cou. Il pleure ? Je lui chante une chanson. Il pleure ? Je lui donne le sein. Il pleure ? Ventre, bras, promenade, ventre, cou, chanson... Et encore et encore. De nouveau.

Parce que voilà, avoir un enfant, c'est toujours la première fois.

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Cloé on the moon 01/03/2012 09:02

Tu me donnes envie d'accélérer le temps... Merci !

les felinettes 01/03/2012 11:47



Merci Cloé ! Mais je te jure, c'est palpitant ce moment-là, certes, mais ça fait du bien quand la nouveauté cesse pour la complicité. Prochainement sur vos écrans... ;)



Le glaunec 28/02/2012 18:19

Ma soeur, je sais que ce texte est rempli d'émotions alors antant on a envie de sourire et autant on a les larmes aux yeux . je sais pas trop sur quel pied danser, si c'est un texte assez dur quand
même et en meme temps on s'y croirait presque à la place de maman m^^eme si ne l'on n'y est pas . ça m'fait tout drôle .

les felinettes 01/03/2012 11:48



Ben merci Adèle, c'est exactement ça devenir maman, ne pas savoir sur quel pied danser. D'où la danse des nouveaux-nés d'ailleurs :) Merci de boucler la boucle !